Les pathologies dégénératives du cartilage, telles que l’arthrose, l’arthrite ou le chondrosarcome posent un réel problème de santé publique dans les pays développés du fait du vieillissement de la population. Le plus souvent, un examen radiologique par rayons X est pratiqué quand les douleurs articulaires sont importantes et que la maladie est déjà bien avancée. Cet examen, basé sur la mesure de l’espace libre entre les os d’une articulation, donne l’épaisseur approximative du cartilage mais aucune information sur son état. Afin de détecter de façon précoce les altérations du cartilage et pour s’assurer par la suite de l’efficacité du traitement proposé, de nouveaux examens médicaux permettant de connaître l’état réel du cartilage doivent être développés. Dans ce but, nous nous sommes intéressés à la tomographie à photon unique (TEMP), une technique d’imagerie médicale basée sur l’observation des émissions d’un élément radioactif qui a été injecté au préalable au patient. Cette technique permet de visualiser les organes étudiés en images 3D.
Une nouvelle molécule, baptisée NTP15-5, a été mise au point dans notre unité de recherche. Cette molécule possède deux fonctions essentielles :
1- L’encapsulation d’un élément radioactif, ici le 99mTc
2- La fixation sélective sur le cartilage.
Cette double fonctionnalité fait que le composé emporte l’élément radioactif sur la zone à étudier. Les images TEMP obtenues, après injection chez l’animal de la NTP15-5 marquée au 99mTc, démontrent l’efficacité de notre méthode. Cette molécule est maintenant prête pour le développement clinique (expérimentation chez l’homme).
Encouragés par ce résultat, nous travaillons actuellement sur d’autres composés en vue d’applications pour de l’imagerie tomographique à émission de positon (TEP). La TEP, comme la TEMP, est une technique d’imagerie médicale nucléaire. La différence entre ces deux techniques réside dans la nature du rayonnement émis par l’élément radioactif. Alors que pour la TEMP, nous avons utilisé le 99mTc (émission de rayons gamma), pour la TEP nous allons utiliser le 64Cu (émission de rayons béta). Une détection par imagerie TEP conduirait à une amélioration de la qualité des images 3D avec une localisation et une quantification encore plus précises du cartilage permettant un meilleur diagnostique de la pathologie.
Notre travail consiste donc dans un premier temps à synthétiser de nouvelles molécules adaptées à l’encapsulation du cuivre tout en gardant une fixation sélective sur le cartilage.
Articles scientifiques liés au sujet:
[1] J.–C. Madelmont, I. Girault, C. Nicolas, J.–C. Maurizis, M. Rapp, M. Ollier, P. Renard, D.-H. Caignard, Brevet WO 2001000621, 2001.
[2] F. Cachin, S. Boisgard, A. Vidal, M. Filaire, P. Auzeloux, D. Culot, S. Askienazy, J.–C. Madelmont, J.-M. Chezal, E. Miot-Noirault, Eur. J. Nucl. Med. Mol. Imaging, 2011, 38, 2077-82.
[3] E. Miot-Noirault, A . Vidal, F. Gouin, P. Auzeloux, N. Moins, J. Maublant, S. Askienazy, D. Heymann, F. Redini, J.-M. Chezal, Eur. J. Nucl. Med. Mol. Imaging, 2009, 36 Suppl 2, S241 : OP423.
[4] F. Lamoureux, G. Picarda, L. Garrigue-Antar, M. Baud’huin, V. Trichet, A. Vidal, E. Miot-Noirault, B. Pitard, D. Heymann, F. Rédini, Cancer Res., 2009, 69, 526-536.
[5] E. Miot-Noirault, A . Vidal, P. Auzeloux, J.–C. Madelmont, J. Maublant, N. Moins, Mol. Imaging, 2008, 7(6), 263-271.
[6] C.A. Boswell, P. McQuade, G.R. Weisman, E.H. Wang, C.J. Anderson, Nucl. Med. Bio., 2005, 32, 29-38.
[7] C. Anda, A. Bencini, E. Berni, S. Ciattini, F. Chuburu, A. Danesi, C. Giorgi et al., Eur. J. Inorg. Chem., 2005, 2044-2053.
[8] P. Lubal, M. Kyvala, P. Hermann, J. Hdubova, J. Rohovec, J. Havel, I. Lukes, Polyhedron, 2001, 20, 47-55.
[9] T. M. Jones-Wilson, K. A. Deal, C. J. Anderson, D. W. McCarthy, Z. Kovacs, R. J. Motekaitis, A. D. Sherry, A. E. Martell, M. J. Welch, Nucl. Med. Bio., 1998, 25, 523-530.


