Logo Auvergne SciencesLogo Auvergne Sciences
Jusqu'au 31 décembre 2012 Fonds Régional Innovation Jusqu'au 31 décembre 2012 Participation à un colloque international en fin de thèse Jusqu'au 06 avril 2012 Projets structurants en SHS Jusqu'au 26 mars 2012 Nouveau Chercheur 2012 "Chercheur EPST" Jusqu'au 26 mars 2012 Nouveau Chercheur 2012 "Maître de conférences" Jusqu'au 26 mars 2012 Nouveau Chercheur 2012 "Professeur des universités" Jusqu'au 20 mars 2012 Bourse Recherche Filière Jusqu'au 24 février 2012 Bourse Innovation LES APPELS À PROJETS

ESPACE DE CONTRIBUTION

Pas encore inscrit ? Mot de passe oublié ?

INSCRIPTION NEWSLETTER

« Caractérisation des propriétés de modulation de l’immunité d’un probiotique à visée thérapeutique dans le domaine gynécologique » Le 24 janvier 2012 - Conseil Régional d'Auvergne Sciences de la vie et de la santé Photo article

Les probiotiques sont des microorganismes qui, lorsqu’ils sont administrés vivants en quantités adéquates, confèrent un bénéfice à la santé de l’hôte. Le Lactobacillus rhamnosus 35 (Lcr35), une bactérie probiotique produite en Auvergne, constitue le principe actif des gélules vaginales Gynophilus®, indiquées en cas d’altération de la flore vaginale ou de vaginites. Les infections génitales basses sont en effet une cause majeure et fréquente de consultations gynécologiques dont le traitement habituel, par antibiothérapie, donne lieu à des récidives fréquentes à l’arrêt de la prise (82% à 3 mois). Les données récentes de physiopathologie ont conduit au concept de prévention des récidives par l’application locale de lactobacilles probiotiques.

Le Lcr35 a fait l’objet d’études qui ont permis d’établir ses caractéristiques bactériologiques et moléculaires, mais les réponses immunitaires de l’organisme hôte vis-à-vis de lui restent méconnues. Or, le comportement du système immunitaire a un rôle essentiel dans l’effet bénéfique global des probiotiques. Au niveau de la muqueuse vaginale, deux types de cellules peuvent reconnaître les probiotiques et initier une réponse immunitaire, les cellules épithéliales et les cellules présentatrices de l’antigène, les cellules dendritiques. Nous avons récemment démontré que le Lcr35 induit une immunomodulation dose-dépendante des cellules dendritiques humaines conduisant, à fortes doses, à la semi-maturation de ces cellules et à des effets pro-inflammatoires (1).

Le présent projet, faisant l’objet d’une Bourse Innovation soutenue par le Conseil Régional d’Auvergne a été porté par le laboratoire d’Immunologie des facultés de Médecine et de Pharmacie de Clermont-Ferrand (Université d’Auvergne, équipe ECRIN, UNH), en collaboration avec le laboratoire de Bactériologie de la Faculté de Pharmacie et la société Lyocentre, tous trois membres de l’Institut de Recherche Pharmabiotique. Son objectif principal était de mieux caractériser les réponses immunitaires, à type d’inflammation ou de tolérance, vis-à-vis du probiotique Lcr35, afin d’optimiser ses indications thérapeutiques gynécologiques.

Dans une première étape, la réponse des cellules dendritiques au contact du Lcr35 a été déterminée avec des doses croissantes de bactéries. Nous avons analysé, par une technique multiplex, un panel élargi de messagers intercellulaires de l’immunité appelés cytokines. Ceci a permis de confirmer l’effet fortement pro-inflammatoire et immunostimulant du Lcr35 à fortes doses sur ces cellules. La capacité du Lcr35 à moduler la réponse globale des lymphocytes T a ensuite été analysée par l’intermédiaire de tests de prolifération lymphocytaire. Là-encore, une réponse dose-dépendante significative a été mise en évidence. Le Lcr35 est capable d’augmenter la prolifération des lymphocytes à faibles doses et, à l’inverse, de l’inhiber à fortes doses, ce qui pourrait traduire respectivement un effet immunostimulant à faibles doses et un effet immunomodulateur à fortes doses.

Enfin, nous avons étudié les interactions entre le Lcr35 et les cellules épithéliales vaginales infectées par des pathogènes vaginaux : Gardnerella (G.) vaginalis et Candida (C.) albicans en présence ou non du Lcr35. Les résultats montrent que le Lcr35 permet de contrôler l’augmentation de pH et la production d’IL-8 (cytokines pro-inflammatoire) induite par ces pathogènes. De plus, le Lcr35 diminue la cytotoxicité induite par G. vaginalis et C. albicans sur les cellules vaginales infectées et induit la production de NO. Pour conclure, le Lcr35 permet aux cellules vaginales d’induire une réponse vis-à-vis des pathogènes plus efficace et pourrait permettre de limiter le développement des pathologies associées.

Prochainement, nous déterminerons les sous-populations lymphocytaires T induites après contact avec les cellules dendritiques traitées par le probiotique. Nous rechercherons particulièrement l’apparition de T régulateurs et de Th 17, principalement responsables au niveau muqueux de la mise en place d’une tolérance aux bactéries ou au contraire d’une réponse effectrice.

Ces travaux contribuent à une meilleure compréhension des mécanismes d’action du probiotique Lcr35 et ainsi à mieux appréhender ses indications cliniques dans le traitement des infections de la sphère gynécologique. Ils permettront également, à terme, de définir des critères de sélection pour de nouvelles souches de probiotiques.

 

BIBLIOGRAPHIE

Evrard B, Coudeyras S, Dosgilbert A, Charbonnel N, Alamé J, Tridon A, Forestier C. Dose-dependent immunomodulation of human dendritic cells by the probiotic Lactobacillus rhamnosus Lcr35. PLoS One. 2011 Apr 18;6(4):e18735.